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Mgr Percerou: qu'est-ce qu'un prêtre ?

C’est à tomber par terre. Voici une vidéo datée du 12 juin 2019 interrogeant Mgr Percerou sur ce qu’est un prêtre, réalisée par les salariés du service communication du diocèse, donc préparée ; mise en ligne, donc assumée.

L’objectif affiché de cette vidéo est de présenter « la vocation de prêtre ».

A la question : pourquoi êtes-vous devenu prêtre ? Mgr Percerou répond en évoquant sa passion du Christ, son désir de le suivre. Rien d’étonnant mais... il en va de même pour tout chrétien : des laïcs peuvent évidemment vivre cette passion tout en restant laïcs. De plus, de nombreuses professions sont exercées avec passion, du pâtissier au médecin à l’historien ou au paysan. Alors, pourquoi devenir prêtre ? En quoi la passion du Christ est-elle différente ? Laurent Percerou ne fournit strictement aucune réponse.

A la question : quel est le quotidien d’un prêtre ? Mgr Percerou répond : l’accompagnement des fidèles pour qu’ils soient fidèles à l’Evangile. Il mentionne également en passant le baptême et le mariage, mais le tout sans aucune explication – et sans jamais dire la différence avec ce qu’un laïc pourrait effectuer.

Un prêtre apporte dans cette même vidéo des compléments... totalement profanes. Par exemple : « Ce qu’il y a de merveilleux dans nos ministères de prêtre, c’est que nous allons rencontrer, dans une même journée, des gens très très différents, je trouve ça très intéressant pour nous mais aussi pour eux, on les ouvre à d’autres dimensions (sic) que les leurs etc. » Faisant une autre remarque du même niveau, le même prêtre ajoutera de façon lucide : « Ce n’est pas très spirituel. » Mais pourquoi ne l’est-il pas ?!

Mgr Percerou n’a rien dit de ce qui fait l’essence du prêtre selon la tradition de l’Eglise, comme le rappelait par exemple Benoit XVI lors de trois audiences au cours de l’Année sacerdotale de 2010. Le pape rappelait les trois charges du prêtre : enseigner, sanctifier, gouverner. Mais d’abord et avant tout dans sa première audience, Benoît XVI a commencé par rappeler que le prêtre agit in persona Christi lors de « la consécration du vin et du pain, afin qu'ils soient réellement présence du Seigneur, absolution des péchés » –  ce qu’un laïc aussi passionné du Christ soit-il ne peut pas réaliser : la messe.

 Le munus docendi.  Benoît XVI rappelle ce que le prêtre doit enseigner : « les vérités de foi », « la doctrine ecclésiale authentique ». Avec quelles sources ? « Les Saintes Ecritures, les écrits des Pères et des Docteurs de l'Eglise, le catéchisme de l'Eglise catholique constituent à cet égard, des points de référence indispensables ».

Le munus sanctificandi.  Benoît XVI rappelle les sacrements administrés par le seul prêtre et « en particulier le sacrement de l'Eucharistie, qui rend présente l’offrande sacrificielle rédemptrice du Fils de Dieu, le sacrement de la réconciliation, où de la mort du péché on retourne à la vie nouvelle ». Le prêtre est « l’instrument nécessaire à l’action salvifique de Dieu. » Sans prêtre, pas de salut. Et le pape précise : « C'est dans la célébration des saints mystères que le prêtre trouve la racine de sa sanctification. »

Le munus regendi.  Le prêtre doit gouverner la communauté qui lui est confiée. Mais : « personne n’est réellement capable de paître le troupeau du Christ, s’il ne vit pas une profonde et réelle obéissance au Christ et à l’Eglise », ce qui renvoie aux deux points précédents.

On ne trouvera rien de tout cela dans la vidéo de Mgr Percerou sur le sacerdoce. Même pas la messe ! Comment oublier la messe lorsque l’on parle de la vocation du prêtre et de son quotidien ?! Comment oublier de parler du salut des âmes ? Manifestement, Mgr Percerou ne vit pas lui-même le sacerdoce selon la tradition de l’Eglise qu’explique en détail Benoit XVI. Mgr Percerou évoque bien la tradition mais sans aucun contenu concret – ce qui est cohérent avec sa volonté décrite dans ce précédent billet d’utiliser le passé comme un simple matériau en « open source », quitte à utiliser les mêmes mots mais vidés de leur contenu.

Mgr Percerou, président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes de la Conférence des Evêques de France, paraît appliquer aux candidats au sacerdoce ce qu’il applique aux jeunes : « Faut pas les gaver » avec ce résultat, atteignant ce qu’il faut bien appeler le niveau zéro de la transmission.

Pourquoi ? La question reste ouverte.

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