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Mgr Percerou corrige l'Evangile

Voici la demande du Christ : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit.» (Matthieu 28, 19-20). « Allez dans le monde entier, proclamer l’Evangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc 16,15-16). Comment Mgr Percerou traduit-il ces textes ?

Voici. Mgr Percerou écrit dans son Projet pastoral diocésain promulgué le 30 juin 2019 qu’il « n’est pas une stratégie pour capter de nouveaux adeptes. Nous serions alors dans une démarche prosélyte et sectaire. »

On avait cru comprendre qu’avec un nombre de pratiquants ayant chuté autour de 1% des Bourbonnais, fort âgés qui plus est, il y avait urgence à regarnir et rajeunir les rangs. Et que cette urgence était même un précepte évangélique on ne peut plus clair. Mais Mgr Percerou corrige le Christ avec trois mots cinglants.

« Adepte » ! La première acception du mot selon le Larousse est « membre d’une secte ». Par extension, il désigne une personne ayant un engagement quelque peu aveugle. Les fidèles du diocèse de Moulins apprécieront.

« Prosélyte » ! Le mot signifie simplement pour le Larousse une personne nouvellement convertie à une religion, en l’occurrence le catholicisme. Mgr Percerou refuse donc une « démarche prosélyte », c’est-à-dire ayant pour but la conversion de nouvelles personnes au catholicisme. Il inverse même le sens du mot en lui donnant une connotation péjorative !

« Sectaire » ! Pour ceux qui n’auraient pas bien compris le mot « adepte », voilà qui est clair.

Quant à enseigner un contenu de la foi – « enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » – pas un mot. Et quant à l’enjeu : être sauvé ou condamné, pas un mot également. Mgr Percerou a une autre ambition : « la construction du Royaume de Dieu, dans ce temps qui est le nôtre ». Une ambition très terre-à-terre, qui évacue jusqu’aux mots qui désignent les fins dernières. Enfer, purgatoire, paradis ? Le Christ revenant juger les vivants et les morts ? Connait pas.

Alors que veut l’évêque de Moulins ? Il veut comme il l’écrit dans son Projet pastoral diocésain « offrir tout simplement de l’amitié » – ce qui est très gentil, mais d’innombrables organisations sportives, littéraires, de retraités etc. existent déjà sur ce créneau.

Mgr Percerou apporte enfin une précision cruciale. Lisons attentivement : « en cherchant non pas d’abord à mettre la main sur une liberté mais etc. » Oh ! « Non pas d’abord » ! Mais ensuite... Ensuite, il s’agit donc de mettre la main sur une liberté ! Et d’exiger obéissance... à l’évêque, peut-on facilement imaginer. Tout ça pour ça... 

*

Illustration : Le Reniement de Pierre, par Carl Heinrich Bloch.

Commentaires

  • Bonjour,

    Je ne sais pas si vous en avez conscience, mais votre blog et vos textes permettent de prendre la mesure

    - du fait que, contrairement à ce que l'on a longtemps dit, notamment dans les années 1980-1990, la crise de l'Eglise n'est absolument caractéristique d'une seule "génération" de clercs (celle des années 1960-1970),

    et

    - du fait que nous sommes pleinement en présence de structures mentales, voire senti-mentales, qui n'ont presque plus rien d'explicitement et de spécifiquement chrétien.

    Or, n'en doutons pas, une Eglise catholique qui consensualise bien plus qu'elle n'évangélise, qui "dialogue" bien plus qu'elle n'annonce, qui "écoute" bien plus qu'elle n'enseigne, qui exhorte au consensus dans "le monde de ce temps" bien plus qu'elle n'exhorte à la conversion vers Jésus-Christ, est aussi une Eglise catholique qui s'expose au risque de finir par perdre de vue le sens vraiment chrétien de sa raison d'être.

    Bonne journée.

    Un lecteur.

  • Tout à fait d'accord avec le commentaires ci-dessus.

    Nous, nantais, allons hériter d'un drôle de "tiaré"...

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