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Goûts de luxe: la maison affectée à Mgr Percerou

Mgr Percerou n’occupe pas l’appartement épiscopal de la maison diocésaine : il s’est fait affecter une vaste et belle maison bourgeoise avec jardin en centre-ville. Ce n’est absolument pas un secret, mais c’est une particularité de l’évêque de Moulins qui pose trois types de questions.

Une question de type ecclésiologique. Voici la conception classique de Mgrs Philippe Barbarin et Pascal Roland – les prédécesseurs de Mgr Percerou, qui ont conçu et fait construire cette maison diocésaine inaugurée en 2009 – publiée dans Eglise en Allier, numéro de janvier 2008. A la question : « Quel est l’intérêt pour le diocèse d’avoir une maison diocésaine ? », la revue diocésaine répond alors : « Cette maison diocésaine va permettre une rationalisation de l’immobilier que le diocèse possède à Moulins.  D’où des économies réalisées (...)  tous les services administratifs seront dans un seul et même lieu (...) L’évêque lui-même va en faire sa résidence [ainsi que] la Curie diocésaine (...) C’est aussi la concrétisation du ‘vivre ensemble’ dont l’Eglise a besoin. C’est la signification du mot Ecclesia, l’Eglise : ‘se rassembler au nom de Jésus -Christ et travailler ensemble’ ». Manifestement Mgr Percerou n’a pas la même vision de l’Eglise : pour lui, l’évêque doit donc vivre séparément. La conséquence est assez bizarre : l’évêque prend alors de fait le rythme de vie d’un directeur de petite entreprise qui va au boulot le matin et rentre chez lui le soir, menant deux vies différentes. Enfin, quitte à ne pas habiter la maison diocésaine, on aurait pu attendre d’un évêque qui plaide pour les pauvres et les périphéries qu’il ne choisisse pas une grande maison bourgeoise en centre-ville... Le fait qu’il s’agisse d’un ancien presbytère ne change rien : la maison abritait jadis de nombreuses activités paroissiales et non pas le seul logement du curé.

Une question de type financière. Quel est le coût pour le diocèse de cette foucade ? En ordre de grandeur, une maison de ce type vaut peut-être, à la louche, 300 000 euros soit un tiers de la collecte annuelle du Denier de l’Eglise dans le diocèse en 2018 ! Et quid des coûts de fonctionnement ?

Une dernière question enfin, de type pastoral. Comment les fidèles peuvent-ils accepter cette situation ? On peut faire l’hypothèse qu’il s’agit là d’une application concrète de ce que dénonce le pape François sous le nom de « cléricalisme » : une autorité déviante dans l’Eglise, qui contraint ainsi les fidèles à accepter sans moufter un choix épiscopal bien peu évangélique.

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Commentaires

  • Ah bon? Je me souviens d'un prêtre du diocèse qui se lamentait car "on n'en fait pas assez pour les migrants". Voila une solution d'hébergement.

  • vous dites "Une belle maison en centre-ville avec jardin", je pense que vous faites fausse route, c'est l'actuel presbytère de [modéré], ce n'est pas le plus beau des logis de Moulins.

  • Bonjour, merci pour votre commentaire. J'ai modéré l'élément d'identification de la maison. Quand on voit la maison via Street View, c'est ce qu'on appelle une belle maison, avec neuf fenêtres sur la façade principale. Ce n'est pas ce qu'on appelle un modeste logis. Je dis bien dans mon billet qu'il s'agit d'un ancien presbytère - du temps où il y avait curé, vicaires, etc., disparus depuis belle lurette. Le blog de la maison saint Paul montre une photo du logement d'un vicaire épiscopal dans cette maison Saint-Paul: là, oui, c'est vraiment modeste.
    En tous cas la question centrale que je pose n'a pas, à ma connaissance, de réponse : quel est le coût pour le diocèse de ce choix de l'évêque, d'occuper une maison en centre-ville plutôt que l'appartement épiscopal ? Bonne journée

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